
Summit 2025 · L’heure de l’action · 23 juin 2025 · Square Brussels
En juin 2025 à Bruxelles, un membre du cabinet de la vice-présidente exécutive de la Commission européenne a jugé que la réglementation ne suffit pas. Il a présenté la réponse de la Commission : investir dans le calcul et l’intelligence artificielle, et diversifier les partenaires de l’Europe.
L’essentiel
- Selon Xavier Coget, la Commission veut ouvrir aux start-up les usines d’IA, déjà accessibles aux chercheurs
- Il a cité les partenariats numériques de l’UE avec le Japon, la Corée, Singapour et l’Inde
- Son cabinet pousse, a-t-il dit, pour plus de moyens en faveur du numérique dans le prochain budget de l’UE
Pour Xavier Coget, l’Europe est probablement en avance au niveau mondial dans la régulation de la tech. Bien faite, la réglementation peut aider à créer un marché unique du numérique, au lieu de 27 ensembles de règles différents. Mais cela ne suffit pas.
Alors membre du cabinet de la vice-présidente exécutive Henna Virkkunen, il était interrogé par Samuel Profumo, président de La French Tech Brussels, sur les outils économiques de la Commission.
La compétitivité par le calcul
Xavier Coget a cité le rapport Draghi, qui place l’Europe en retard sur les États-Unis et la Chine en matière d’innovation technologique. Pour cette Commission, investir dans la compétitivité technologique de l’Europe est une priorité absolue.
La puissance de calcul arrive en tête de sa liste. La Commission augmente la capacité de calcul intensif grâce à des usines d’IA dans plusieurs États membres. Les chercheurs y ont déjà accès, et la Commission veut maintenant que les start-up y aient accès aussi. Elle crée aussi des gigausines d’IA, qu’il a décrites comme quatre fois plus grandes.
Selon lui, l’Europe compte plus de chercheurs en IA que les États-Unis. Mais ses start-up d’IA partent souvent aux États-Unis pour trouver des capitaux et changer d’échelle. Prochaines étapes annoncées : une stratégie d’IA appliquée pour plus tard dans l’année, puis un Cloud and AI Development Act, probablement pour le début de l’année suivante.

Diversifier les partenaires
Xavier Coget a présenté la stratégie numérique internationale de l’UE, adoptée le 5 juin. À ses yeux, l’Europe est trop dépendante de la technologie venue de l’extérieur. Il a appuyé ce constat sur un chiffre que donne souvent sa vice-présidente exécutive : 80 % de la tech européenne est importée. Il a pris l’exemple des États-Unis : même eux ne peuvent pas tout produire. L’Europe doit investir dans sa compétitivité, mais elle continuera d’importer de la technologie. Il a donc plaidé pour la diversification, afin que l’Europe ne dépende pas d’un ou deux fournisseurs.
L’UE, a-t-il précisé, négociait alors un accord commercial avec les États-Unis. Son souhait : « Nous voulons avoir un bon partenariat avec les États-Unis, mais aussi être libres de […] choisir ce que nous voulons. » Elle veut une bonne concurrence dans tous les domaines et davantage de solutions européennes, y compris dans le cloud. L’UE a aussi noué des partenariats numériques de niveau ministériel avec le Japon et la Corée, ainsi qu’avec Singapour et l’Inde, pour coopérer sur la recherche, les compétences et l’IA.
Plus de moyens pour le numérique
Selon Xavier Coget, une proposition pour le prochain budget de l’UE devait arriver bientôt. Son cabinet pousse pour consacrer davantage de moyens au numérique et à l’innovation technologique, avec l’espoir que cela puisse changer la donne.
Xavier Coget s’est adressé aux entrepreneurs qui doutent encore de la capacité d’agir de l’Europe. Il leur a montré le nombre d’initiatives liées à la souveraineté et à la compétitivité technologiques : « C’est probablement le domaine où nous avons lancé le plus grand nombre d’initiatives, et les plus ambitieuses. »
La troisième édition du French Tech Sovereignty Summit Brussels a lieu le 28 janvier 2027 chez BNP Paribas Fortis, à Bruxelles.