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La French Tech Brussels

Le panel Time for Action au Summit 2025 : Christophe Grosbost, Sébastien Bruyr, Suzanne Alardin, Bart Becks et la modératrice Zineb Bensaid
Le panel Time for Action au Summit 2025 : Christophe Grosbost, Sébastien Bruyr, Suzanne Alardin, Bart Becks et la modératrice Zineb Bensaid. Photo : La French Tech Brussels

Summit 2025 · L’heure de l’action · 23 juin 2025 · Square Brussels

En juin 2025 à Bruxelles, quatre acteurs de la tech, d’un investisseur au directeur commercial d’Odoo, ont expliqué comment passer des plans à l’exécution. Leurs réponses : aller vite, financer tôt les jeunes champions, ouvrir la commande publique aux start-up et miser sur le meilleur produit.

L’essentiel

  • Pour Suzanne Alardin, la prochaine étape des PME et des start-up est de grandir à l’étranger
  • Selon Bart Becks, les sorties réussies font naître de nouveaux fondateurs et investisseurs
  • Christophe Grosbost voit de plus en plus de membres de l’Innovation Makers Alliance passer au multicloud

Les plans existent. Pour Bart Becks, membre du comité du Conseil européen de l’innovation, ceux que Xavier Coget a présentés pour l’Europe comptaient probablement parmi les plus ambitieux jamais vus. Reste à passer à la mise en œuvre le plus vite possible, pour garder la dynamique et la bonne volonté de chacun. Zineb Bensaid, directrice pays de Women in Tech Global, animait la table ronde.

Lever les freins à la croissance

Selon Suzanne Alardin, de l’Agence wallonne à l’Exportation et aux Investissements étrangers, les PME et les start-up que suit son agence chaque jour veulent faire des affaires. Mais le financement est probablement un problème majeur dans certains cas. Leur étape suivante : grandir à l’étranger, pas seulement chez elles. Les jeunes champions existent aussi dans les universités et les hautes écoles. Ils ont besoin de soutien très tôt : financement, technologie et preuves de concept.

Directeur commercial d’Odoo, Sébastien Bruyr a appelé à simplifier les choses : lancer une activité reste vraiment complexe pour les entreprises. Odoo, a-t-il précisé, a grandi d’environ 50 % chaque année. Cette croissance durait alors depuis 20 ans, et la principale difficulté de l’entreprise a été de trouver les bonnes personnes.

Christophe Grosbost, alors directeur de la stratégie de l’Innovation Makers Alliance (IMA), a présenté ce consortium français de 150 organisations, surtout de grandes institutions publiques et privées. L’IMA venait de publier un manifeste pour la souveraineté numérique française et européenne, avec 33 recommandations. Il en a retenu une.

« Je pense qu’un Small Business Act européen aiderait probablement certaines de nos start-up à grandir beaucoup plus. »

Christophe Grosbost

Selon Bart Becks, grandir est aussi en partie une question de temps : les sorties réussies créent de nouveaux fondateurs et de nouveaux investisseurs.

Sébastien Bruyr, Suzanne Alardin, Bart Becks et la modératrice Zineb Bensaid pendant le panel Time for Action
Photos : La French Tech Brussels

La commande publique comme levier

Christophe Grosbost voit les choses changer. Les organisations membres de l’IMA commencent à redéfinir leur stratégie pour les prochains appels d’offres. De plus en plus d’entre elles passent au multicloud avec une stratégie de cloud souverain. Il a aussi avancé un chiffre : 90 % des achats cloud des grandes entreprises françaises iraient encore à des fournisseurs américains.

Bart Becks a résumé sa position d’une phrase : « Je pense que nous devrions faire une seule chose : acheter européen. » Il a comparé l’achat aux aides et aux subventions : acheter à des start-up ou à des scale-up fait une grande différence.

Il a rapporté les propos tenus lors d’une table ronde par des dirigeants de quatre banques belges. D’après leur propre analyse, 75 % de leurs logiciels et de leur hébergement viendraient des États-Unis. Ces dirigeants se seraient engagés publiquement, ensemble, à ramener ce chiffre à 40 %. Leur échéance : les quatre prochaines années.

Aux yeux de Bart Becks, il ne s’agit pas d’opposer l’Europe aux États-Unis, qui resteront l’un de ses plus proches alliés. Il s’agit de soutenir les champions nationaux, de les financer comme il se doit et d’ouvrir la commande publique.

Le meilleur produit, dès l’école

Pour Sébastien Bruyr, l’open source est désormais reconnu et donne accès au code source. Le sujet le plus important reste pourtant d’avoir le meilleur produit : « Si nous n’avons pas le meilleur produit, ils continueront d’acheter américain, ou ailleurs. »

La modératrice, Zineb Bensaid, a plaidé de son côté pour les STEAM (sciences, technologie, ingénierie, arts et mathématiques) et pour une plus grande équité de genre dans l’écosystème tech.

Sébastien Bruyr a appelé à former la nouvelle génération aux produits européens. Il a donné l’exemple d’Odoo : pour montrer ce qu’un progiciel de gestion intégré (ERP) peut faire, l’entreprise envoie des camions faire le tour des écoles.

La troisième édition du French Tech Sovereignty Summit Brussels a lieu le 28 janvier 2027 chez BNP Paribas Fortis, à Bruxelles.