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La French Tech Brussels

Samuel Profumo, président de La French Tech Brussels, au pupitre, avec la ministre belge Vanessa Matz à l'écran pendant son message vidéo au Summit 2025
Samuel Profumo, président de La French Tech Brussels, au pupitre, avec la ministre belge Vanessa Matz à l'écran pendant son message vidéo au Summit 2025. Photo : La French Tech Brussels

Summit 2025 · L’heure de l’action · 23 juin 2025 · Square Brussels

En ouvrant le deuxième French Tech Sovereignty Summit Brussels, en juin 2025, Samuel Profumo a décrit une souveraineté numérique devenue un besoin opérationnel. Par message vidéo, la ministre belge Vanessa Matz a plaidé pour soutenir l’innovation sans relâcher l’exigence éthique et démocratique.

L’essentiel

  • Samuel Profumo a décrit la souveraineté comme une liberté : choisir ses partenaires et maîtriser ses dépendances
  • Vanessa Matz a évoqué son engagement pour un dispositif belge, prévu d’ici 2026, où les start-up testeront leurs solutions
  • Elle compte les règlements européens sur les services numériques et sur l’intelligence artificielle parmi les premiers jalons d’un cadre solide

Ce n’est plus de la théorie, ni un livre blanc. Pour Samuel Profumo, président de La French Tech Brussels, la souveraineté numérique se joue dès maintenant : « Ce n’est plus seulement un objectif politique. C’est devenu un besoin opérationnel. »

Ce qui a changé depuis Flagey

Samuel Profumo est revenu sur la première édition, un an plus tôt à Flagey. La souveraineté numérique y apparaissait comme un enjeu clé pour tous les écosystèmes. Depuis, les tensions géopolitiques ont augmenté, l’IA générative réécrit les règles et les chaînes d’approvisionnement technologiques se redessinent en temps réel.

Selon lui, les données européennes transitent encore par des systèmes non européens. Même les institutions européennes, a-t-il relevé, cherchaient des alternatives de confiance pour héberger leurs services les plus critiques.

Ni murs, ni repli

En chemin, a expliqué Samuel Profumo, l’équipe a appris une leçon. La souveraineté ne signifie pas fermer des portes ni construire des murs. Ce n’est ni de la nostalgie ni un repli, et ce n’est pas l’ennemie de l’innovation. « La souveraineté, c’est la liberté. La liberté de choisir nos partenaires au lieu d’être forcés de les accepter. »

Pour l’orateur, c’est aussi la liberté de maîtriser les dépendances au lieu de les découvrir en pleine crise. Concrètement, cela signifie posséder les infrastructures et soutenir les champions technologiques européens. Il a rejeté l’idée d’un jeu à somme nulle entre souveraineté et performance. Il s’est prononcé pour des écosystèmes ouverts, tant qu’ils servent l’autonomie à long terme.

Le public de Square Brussels regarde le message vidéo de la ministre belge Vanessa Matz, avec Samuel Profumo sur scène
Le message vidéo de la ministre belge Vanessa Matz, avec Samuel Profumo sur scène. Photo : La French Tech Brussels

Depuis le Chili, le plaidoyer de Vanessa Matz

La ministre belge en charge du numérique a enregistré son message avant le sommet. Elle y expliquait que, pendant la rencontre, elle serait à l’autre bout du monde, au Chili, pour une visite d’État aux côtés du Roi et de la Reine.

Sa conviction : il faut un environnement propice à l’innovation, tout en restant exigeant sur le plan éthique et démocratique. Elle a évoqué son engagement en faveur d’un dispositif à mettre en place en Belgique d’ici 2026. Les start-up pourront y tester leurs solutions dans un cadre souple, sécurisé et encadré.

Un cadre européen à faire vivre

La ministre a dressé la liste des premiers jalons d’un cadre européen solide. Le Digital Services Act et l’AI Act en font partie, avec un plan d’action pour l’IA et des investissements ciblés dans les technologies critiques. Ce cadre ne prend sens que s’il repose sur un écosystème concret, dynamique et engagé. Elle a cité en exemple Odoo et Vertical Compute, ainsi que de nombreuses start-up issues des universités belges.

La transformation numérique, a-t-elle poursuivi, ne doit pas profiter uniquement à quelques grandes entreprises. Elle doit servir l’ensemble de la société, citoyens, PME et services publics compris, et respecter les valeurs européennes de transparence, d’inclusion et de responsabilité.

Elle l’a résumé ainsi : « Oui, il est possible de bâtir une technologie européenne performante, souveraine et responsable. »

Partenaires cités à l’ouverture : Expleo (partenaire platinum), Beyond Law Firm et Pierstone (partenaires juridiques) et Gcore.

La troisième édition du French Tech Sovereignty Summit Brussels a lieu le 28 janvier 2027 chez BNP Paribas Fortis, à Bruxelles.