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La French Tech Brussels

Le panel Sovereignty Recovery Plan au Summit 2025 : Alexis D'Elia, Loïc De Visscher, Madeline Lawrence, Alain Strowel et la modératrice Marie-France Van der Valk
Le panel Sovereignty Recovery Plan au Summit 2025 : Alexis D'Elia, Loïc De Visscher, Madeline Lawrence, Alain Strowel et la modératrice Marie-France Van der Valk. Photo : La French Tech Brussels

Summit 2025 · L’heure de l’action · 23 juin 2025 · Square Brussels

En juin 2025 à Bruxelles, un avocat, deux dirigeants d’entreprise et un responsable de la RTBF ont dit par où commencer pour bâtir sa souveraineté numérique. Leur réponse passe par une méthode et du pragmatisme, avec le monde pour horizon.

L’essentiel

  • Pour l’avocat Alain Strowel, être souverain, c’est aussi pouvoir utiliser des services sur son territoire
  • Alexis D’Elia a présenté le plan d’Expleo : quatre dimensions, sept piliers progressifs, un indice d’exposition
  • Pour Madeline Lawrence, être européen ne suffit pas : un fournisseur doit aussi être meilleur, moins cher ou mieux adapté

Avant de bâtir sa souveraineté, encore faut-il savoir ce qu’elle recouvre. « Je pense qu’il y a beaucoup d’incertitude sur ce que signifie exactement la souveraineté numérique », a observé Alain Strowel, associé chez Pierstone et professeur à l’UCLouvain. Pour certains, le terme est synonyme d’autonomie stratégique. L’avocat a soulevé une autre question, la souveraineté territoriale : pouvoir profiter des services sur son propre territoire. Il voit une partie de la réponse dans un schéma de certification en cybersécurité dont aucune autorité extérieure à l’Union européenne ne peut contrôler le niveau le plus élevé.

Cartographier avant de choisir

Alexis D’Elia, directeur général Belgique et Pays-Bas d’Expleo Group, a distingué quatre types de clients. Certains voient la souveraineté numérique comme une obligation, d’autres comme une opportunité ou comme un risque. D’autres ne savent pas où ils en sont. Pour y répondre, Expleo a développé un plan de reprise de souveraineté numérique. Il couvre quatre dimensions, cyber, données, technologie et contrôle, et les traduit en sept piliers progressifs. Il en sort un indice d’exposition à la souveraineté.

La méthode présentée par Alexis D’Elia tient en quelques étapes. Cartographier le paysage technologique actuel. Identifier la réglementation qui s’applique à l’activité, européenne ou non. Signaler ce qui est critique. Examiner quels outils et écosystèmes européens peuvent servir. Bâtir enfin un plan directeur à long terme. Quelqu’un doit être chargé de le piloter.

Pour Alexis D’Elia, la souveraineté n’est pas seulement une affaire juridique et technologique. Elle touche aussi la finance, les travailleurs et les compétences. Il a cité un frein : penser seulement dans une dimension unique, technologique, plutôt que de manière large. Alain Strowel, lui, a demandé aux organisations de sensibiliser leurs équipes aux dépendances.

Madeline Lawrence, d'Aikido Security, pendant le panel Sovereignty Recovery Plan
Madeline Lawrence (Aikido Security) pendant le panel Sovereignty Recovery Plan. Photo : La French Tech Brussels

Garder le lien avec son public

Loïc De Visscher, responsable de l’innovation d’entreprise à la RTBF, a placé la souveraineté au cœur du travail d’un média de service public. Pour remplir ses missions de service public, le média doit garder un lien souverain avec son public, quels que soient les intermédiaires. La RTBF touche les plus jeunes là où ils se trouvent. Mais elle suit une stratégie de rapatriement, qui les ramène vers ses propres marques et plateformes.

« Pour certains services, nous choisissons clairement la souveraineté », a affirmé Loïc De Visscher. Ses exemples : la RTBF possède et développe son algorithme de recommandation. Elle a aussi décidé d’acquérir une capacité de calcul sur site, pour faire tourner des modèles d’intelligence artificielle open source. L’objectif : permettre aux journalistes de traiter des données sensibles sur des sources et des lanceurs d’alerte. Le responsable de la RTBF a encore pointé la fragmentation, et appelé à travailler avec les concurrents pour mutualiser les capacités.

Meilleur d’abord, souverain aussi

Madeline Lawrence, directrice de la croissance d’Aikido Security, ne recommanderait pas de passer à un fournisseur européen uniquement parce qu’il est européen. Il doit aussi être meilleur, plus économique ou mieux adapté. Selon cette ancienne associée d’un fonds de capital-risque, environ 53 % des clients de son entreprise sont nord-américains. Être européen et souverain joue souvent un rôle, a-t-elle ajouté, mais les clients choisissent l’entreprise parce qu’elle est plus performante et plus économique.

Aux petites et moyennes entreprises, Madeline Lawrence a recommandé le pragmatisme. La souveraineté doit passer en premier là où elle débloque la croissance, ou dans les secteurs sensibles comme la healthtech ou la fintech. Plus largement, sa vision tient en une phrase : « Alors, soyez nés en Europe, mais construits pour le monde. »

Par où commencer ? Par une question, a conclu la modératrice, Marie-France Van der Valk, des Conseillers du commerce extérieur de la France. Chaque organisation devrait d’abord se demander si elle est dépendante, ou non.

La troisième édition du French Tech Sovereignty Summit Brussels a lieu le 28 janvier 2027 chez BNP Paribas Fortis, à Bruxelles.