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La French Tech Brussels

Le panel cloud, cybersécurité et logiciels au Summit 2025 : Clémence Philippe, Johann Ruiz, Valérie Zapico et Quentin Adam
Le panel cloud, cybersécurité et logiciels au Summit 2025 : Clémence Philippe, Johann Ruiz, Valérie Zapico et Quentin Adam. Photo : La French Tech Brussels

Summit 2025 · L’heure de l’action · 23 juin 2025 · Square Brussels

En juin 2025 à Bruxelles, quatre acteurs européens du cloud, de la conformité et de l’intelligence artificielle ont dit pourquoi et comment passer à des solutions européennes. Leurs pistes : migrer pas à pas, mieux faire connaître l’offre européenne et s’appuyer sur le droit européen.

L’essentiel

  • Selon Johann Ruiz, de Gcore, les clients migrent notamment pour la souveraineté des données et pour pouvoir changer de fournisseur
  • Valérie Zapico, de Valkuren, a proposé un point d’accès unique aux entreprises européennes de confiance, promu par chaque pays européen
  • Quentin Adam, de Clever Cloud, a invité les acheteurs à essayer les produits européens, puis à faire un retour

« Les clients de nos start-up et nos clients demandent des fournisseurs européens. C’est maintenant un avantage concurrentiel. » La phrase est de Clémence Philippe, cofondatrice et directrice des opérations d’Examin, qui travaille beaucoup sur le règlement général sur la protection des données (RGPD). Elle a avancé une idée pour les accélérateurs et les incubateurs de France, du Luxembourg et de Belgique. Ils pourraient proposer dès le départ aux start-up des fournisseurs européens comme OVH ou Scaleway, avec des réductions.

Pourquoi les clients migrent

Élodie Trojanowski, responsable de la stratégie data chez Satisco, animait le débat. Selon elle, les grands fournisseurs de cloud américains sont les premiers à se présenter quand une start-up démarre, avec de fortes remises. Et changer les outils quotidiens de toute une organisation est une décision difficile.

Chez Gcore, Johann Ruiz, responsable de territoire, parlait en fournisseur de cloud. Il a donné trois raisons pour lesquelles les clients migrent. Ils veulent la souveraineté des données. Ils veulent éviter l’enfermement propriétaire, qui grandit avec leur volume de données chez un seul grand fournisseur. Et ils veulent respecter le RGPD et les exigences de certification associées.

Pour Valérie Zapico, fondatrice et PDG de Valkuren, l’indépendance et la maîtrise des données stratégiques ne sont pas réservées à la défense ou aux institutions. Les entreprises industrielles et pharmaceutiques veulent aussi protéger leurs informations. La bonne voie : avancer lentement, et combiner les nouveaux outils avec ce qu’elles ont aujourd’hui.

Une migration pas à pas

Migrer d’un bloc ou progressivement ? Quentin Adam, cofondateur et PDG de Clever Cloud, a comparé l’informatique à n’importe quelle chaîne de valeur industrielle, où personne ne dépend d’un seul fournisseur. Son conseil aux organisations : commencer quelque part, et migrer une partie de leur activité étape par étape. Il a aussi appelé à un Buy European Act et à un Small Business Act. Le but : que le secteur public et les grandes entreprises achètent une partie de leurs équipements à de petites entreprises locales.

La méthode de Johann Ruiz : commencer par 10 ou 15 %, par exemple les données stratégiques, puis déplacer le reste en douceur. Il a aussi décrit un déficit de confiance : selon lui, un choix européen doit toujours être justifié. Accompagner les petites et moyennes entreprises et les start-up vers les solutions européennes aidera à renforcer cette confiance.

Clémence Philippe, Johann Ruiz, Valérie Zapico, Quentin Adam et la modératrice Élodie Trojanowski face au public
Photos : La French Tech Brussels

Se faire connaître, se faire tester

Comment une start-up repère-t-elle l’offre européenne ? Valérie Zapico a plaidé pour un guichet unique d’entreprises européennes de confiance, promu par tous les pays d’Europe. Elle a appelé chacun à commencer ensemble. D’autres intervenants ont demandé une liste de référence de solutions européennes agréées, et un marketing plus fort.

Aux acheteurs, Quentin Adam a adressé une demande : tester les produits européens et donner leur avis, même quand ils ne les choisissent pas.

Le droit européen comme atout

Quentin Adam a appelé l’Europe à affirmer ses valeurs, dont la démocratie, et à faire appliquer son droit. Le RGPD, a-t-il expliqué, aide son entreprise à faire des affaires hors d’Europe. Sa conviction : « Le RGPD, c’est notre choix culturel de penser que la vie privée et les droits humains sont plus importants que le business. »

La troisième édition du French Tech Sovereignty Summit Brussels a lieu le 28 janvier 2027 chez BNP Paribas Fortis, à Bruxelles.