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La French Tech Brussels

Le panel écosystèmes à Flagey en 2024 : Nathanaël Ackerman, Héloïse Rozès, Emmanuelle Ghislain, Clara Chappaz et Bart Becks
Le panel écosystèmes à Flagey en 2024 : Nathanaël Ackerman, Héloïse Rozès, Emmanuelle Ghislain, Clara Chappaz et Bart Becks. Photo : La French Tech Brussels

Summit 2024 · Vers une souveraineté numérique européenne ? · 28 mai 2024 · Flagey, Bruxelles

La directrice de La French Tech, un entrepreneur, une cofondatrice de start-up et la PDG de Pulse ont débattu à Flagey, en mai 2024, de la croissance des start-up. Leur piste commune : faire des acheteurs publics et privés les clients de ces jeunes pousses.

L’essentiel

  • La French Tech doit surtout son succès, selon Clara Chappaz, à une administration de l’Économie entièrement tournée vers les start-up
  • Bart Becks plaide pour des tours de financement plus rapides et plus importants
  • Présenté par Emmanuelle Ghislain, un rapport de Pulse retient trois pistes : achat public d’innovation, bacs à sable réglementaires, éducation

Un contrat plutôt qu’une subvention. Bart Becks, entrepreneur en série, et Clara Chappaz ont porté la même idée : pour aider une start-up, mieux vaut lui passer commande que lui verser une aide. « Ce dont ces entreprises ont besoin, ce n’est certainement pas une subvention de plus, mais un contrat de plus », a résumé Clara Chappaz, alors directrice de La French Tech. Nathanaël Ackerman, du service public fédéral Stratégie et Appui et d’AI4Belgium, animait le débat.

Une administration proche des start-up

Pour Clara Chappaz, la French Tech part d’une vision de 2013 : réunir entrepreneurs, investisseurs, associations et pouvoirs publics autour d’un même objectif. Le facteur clé du succès, selon elle, a été un dispositif dans lequel une administration du ministère français de l’Économie a un seul objectif : rester proche des start-up. Depuis le plan France 2030, l’accent est passé des plateformes aux technologies critiques. Un tiers du total des investissements en capital-risque en France l’année précédente est allé à des start-up deep tech, a-t-elle précisé.

Bart Becks en a fait un modèle : la Belgique devrait tout simplement copier une partie de la French Tech. Il a pris l’exemple d’une rencontre récente à Tallinn. L’Estonie compte, selon lui, 1,3 million d’habitants et 10 licornes. Son diagnostic : l’Europe fait jeu égal avec les États-Unis et l’Asie en recherche, mais peine à transformer les brevets en entreprises. Clara Chappaz a appelé de son côté à l’échange de connaissances entre pays.

L’État, premier client ?

Autre idée de Bart Becks : les politiques publiques peuvent compenser les fonds dont l’Europe ne dispose pas, et les pouvoirs publics devraient agir comme premier client.

« Pourquoi ne pas obliger les pouvoirs publics ou les institutions publiques à travailler avec des start-up et, au lieu de donner une subvention, passer un contrat de deux ou trois ans, qui aiderait beaucoup plus ? »

Bart Becks

Il a aussi plaidé pour des levées de fonds plus rapides et plus importantes. En Belgique et dans beaucoup de pays européens, a-t-il expliqué, un fondateur doit presque s’arrêter six mois pour lever chaque nouveau tour.

Côté français, l’initiative Je choisis la French Tech, présentée par Clara Chappaz, encourage les grandes entreprises et les administrations à acheter les solutions des start-up.

Une fondatrice face au chaos logiciel

Héloïse Rozès a cofondé Corma, une start-up à l’équipe fondatrice franco-allemande, installée à Station F. Corma s’attaque à ce qu’elle a nommé le chaos logiciel des entreprises de taille moyenne. Elle a avancé deux chiffres. Ces entreprises gèrent aujourd’hui plus de 230 logiciels. Les solutions européennes y sont de plus en plus utilisées, mais une large majorité de ces outils, plus de 65 %, sont basés aux États-Unis. Sa conclusion : « Donc si vous mettez de l’argent de capital-risque, de capital-risque européen, dans votre entreprise, vous pouvez être à peu près sûr qu’une grande partie partira dans des logiciels américains. »

Oser créer son entreprise

Selon Emmanuelle Ghislain, PDG de la Fondation Pulse, la fondation a été créée 12 ans plus tôt, après une étude de McKinsey. Cette étude classait la Belgique dernière en Europe pour sa culture entrepreneuriale. Elle s’est aussi appuyée sur une étude que Pulse venait de publier : 42 % des Belges ne créeront pas d’entreprise par peur d’échouer.

Trois pistes ressortent d’un rapport récent de Pulse. La première est l’achat public d’innovation, sur le modèle néerlandais Startup in Residence. La deuxième, ce sont les bacs à sable réglementaires. La troisième est l’éducation. Selon elle, la Belgique manque d’étudiants en sciences et techniques, subit une fuite des cerveaux et peine à reconnaître les diplômes de pays comme l’Italie ou l’Espagne.

Au public, Héloïse Rozès a laissé un conseil : acheter aux start-up, ou en créer une.

La troisième édition du French Tech Sovereignty Summit Brussels a lieu le 28 janvier 2027 chez BNP Paribas Fortis, à Bruxelles.